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Procès WALSH – 1954 – Écosse – Complet

Le procès qui révèle l’apostasie de la Société Watchtower !

Douglas Walsh c/ The Right Honourable James Latham Clyde – Court of Sessions, Écosse, novembre 1954

Référence officielle : CS258/1954, National Records of Scotland, H.M. General Register House, Edinburgh
Référence officielle : CS258/1954, National Records of Scotland, H.M. General Register House, Edinburgh. Consultable sur place sur demande.
Transcription complète (762 pages) : Internet Archive
Fichier texte intégral : Internet Archives

Ce procès oppose un Témoin de Jéhovah au gouvernement britannique sur le statut de ministre du culte. Pour défendre leur cause, la Watchtower envoie ses plus hauts responsables témoigner sous serment. Ce qu’ils déclarent devant le tribunal démontre : l’incompétence linguistique du principal traducteur de la Traduction du Monde Nouveau, l’admission que l’organisation impose l’obéissance même à de fausses doctrines, et la dissimulation délibérée de ces aveux dans les publications officielles.


PREUVE N°1 – FRÉDÉRIC FRANZ ET LA TRADUCTION DU MONDE NOUVEAU

Témoin : Frederick William Franz (61 ans), Vice-Président de la Watch Tower, chef du département éditorial depuis 1942, présenté comme le principal érudit et traducteur de la Traduction du Monde Nouveau.

1-A. Affirmations du premier jour — pages 7-9
Lors de l’examen initial par son propre avocat, Franz affirme sous serment qu’il peut lire et suivre la Bible en hébreu, grec, latin, espagnol, portugais, allemand et français, et qu’il dispose d’un appareil linguistique substantiel pour son travail biblique.
Source : Internet Archive 

1-B. Aveux sur sa formation — pages 88 et 91-92
Sous contre-interrogatoire, Franz admet n’avoir pas obtenu de diplôme universitaire et n’avoir jamais étudié l’hébreu à l’université. Il précise avoir entrepris une étude personnelle de l’hébreu car il en avait besoin pour son travail éditorial.
Interrogé sur son rôle dans la traduction de l’Ancien Testament (page 92) :

Q. Étiez-vous vous-même responsable de la traduction de l’Ancien Testament ?
R. Je ne peux pas répondre à cette question. En tant que membre du Conseil d’administration, je ne suis pas autorisé à le divulguer.
Q. Pourquoi ce secret ?
R. Parce que le comité de traduction souhaitait rester anonyme et ne pas chercher gloire ou honneur pour cette traduction.
Note : À la page 88, Franz admet avoir été chargé de vérifier la traduction avant sa publication. Il fait donc nécessairement partie du comité dont il refuse pourtant de confirmer sa participation sous serment.
Source : Internet Archive 

1-C. L’aveu décisif : refus de traduire un verset simple — pages 102-103
Q. Vous-même, vous lisez et parlez l’hébreu, n’est-ce pas ?
R. Je ne parle pas l’hébreu.
Q. Vous ne le parlez pas ?
R. Non.
Q. Pouvez-vous traduire ce verset en hébreu — le quatrième verset du deuxième chapitre de la Genèse ?
R. Non. Je n’essayerai même pas de le faire.

Analyse : Franz avait affirmé la veille maîtriser l’hébreu. Il se contredit le lendemain. Genèse 2:4 est un verset de difficulté moyenne. Un professeur d’hébreu du Talbot Theological Seminary a déclaré qu’aucun étudiant de première année ne devrait échouer sur ce verset. Franz était présenté comme le traducteur de l’Ancien Testament entier, une traduction qu’il était incapable de vérifier dans la langue source.
Source : Internet Archive 
Source : Christian Research Institute

1-D. Identité et compétences du comité de traduction
Les cinq membres connus du comité sont Nathan Knorr (Président), Albert Schroeder, George Gangas, Milton Henschel et Frederick Franz. Aucun ne possédait de diplôme universitaire ni de qualification académique reconnue en langues bibliques.
Raymond Franz, Crisis of Conscience (Commentary Press, Atlanta, 1983, page 50 et note de bas de page) : ancien membre du Collège central (1971-1980) et neveu de Frederick Franz, il confirme que Franz était le seul à avoir une connaissance minimale des langues bibliques — deux ans de grec à l’université de Cincinnati abandonnés en 1913, et un apprentissage autodidacte de l’hébreu sans diplôme reconnu.
Source : Internet Archive

M. James Penton, Apocalypse Delayed : The Story of Jehovah’s Witnesses (University of Toronto Press, 1985, page 174) : historien et ancien Témoin de Jéhovah. Il conclut que la Traduction du Monde Nouveau est en pratique l’œuvre d’un seul homme, Frederick Franz.

À titre de comparaison : la New International Version (NIV, 1978) a été traduite par plus de cent spécialistes titulaires de doctorats en langues bibliques.

Néanmoins, ce n’est pas le nombre de traducteurs qui fait la qualité d’une traduction. C’est la maîtrise réelle des langues sources dans son contexte.
Louis Segond (1810-1885), docteur en théologie et professeur d’hébreu et d’exégèse à l’Académie de Genève, a traduit seul la Bible entière à partir des textes originaux hébreux et grecs (Ancien Testament publié en 1874, Nouveau Testament en 1880).
Hugues Oltramare (1813-1891), professeur d’exégèse du Nouveau Testament à la Faculté de théologie de Genève, a traduit seul le Nouveau Testament publié en 1872. Il est défini par les spécialistes comme la première traduction scientifique du Nouveau Testament en français.
Ces hommes maîtrisaient les langues sources depuis des décennies avant même de commencer leur travail. Frederick Franz, lui, n’était pas capable de traduire un verset élémentaire de la Genèse devant un juge.

PREUVE N°2 – HAYDEN C. COVINGTON : L’UNITÉ À TOUT PRIX

Témoin : Hayden Cooper Covington (1911-1978), avocat en chef de la Watch Tower (1939-1963), Vice-Président (1942-1945). Il a plaidé 111 affaires devant la Cour suprême des États-Unis, dont la défense de Muhammad Ali en 1967. Son témoignage a d’autant plus de valeur qu’il s’exprimait en juriste professionnel, sans intérêt théologique à protéger.

Note : Frère Covington n’était pas membre du Collège central, formellement constitué en 1971.
Le livre officiel jw.org « Les Témoins de Jéhovah, prédicateurs du Royaume de Dieu » confirme que le 13 janvier 1942, lors d’une réunion commune au Béthel de Brooklyn, les administrateurs ont élu à l’unanimité frère Knorr président et Hayden Covington vice-président (pages 90-107), précisant qu’il dirigeait la bataille juridique « parfois depuis son bureau au siège de Brooklyn ». Le frère Covington n’était donc pas un avocat extérieur engagé ponctuellement, c’était un dirigeant interne résident au Béthel, élu à l’unanimité par ses pairs. Ses aveux sous serment en 1954 expriment donc la doctrine officielle de l’organisation telle qu’elle était vécue et assumée au plus haut niveau.
Source : Livre prédicateur

2-A. Aveu de la fausse prophétie imposée — pages 345-348
Le frère Covington est interrogé sur la prophétie de 1874 (le retour du Christ), publiée par la Société Watchtower puis abandonnée :

Q. N’est-il pas vital de dire la vérité en matière religieuse ?
R. Certainement.
Q. Vous avez propagé de fausses prophéties ?
R. Oui… il y a eu des déclarations erronées.
Q. Et cela devait être cru par tous les Témoins de Jéhovah ?
R. C’était la publication d’une fausse prophétie… nous devons avoir l’unité, une armée est supposée marcher au pas.
2-B. L’aveu capital : unité au-dessus de la vérité — pages 345-348
Q. Si un Témoin avait jugé cette prophétie fausse et l’avait dit, aurait-il été excommunié ?
R. Oui. Si toute l’organisation croit une chose, même si elle est fausse, et que quelqu’un essaie de faire passer son idée, il y a désunion. Quand une modification survient, elle doit venir de la tête de l’organisation, pas d’en bas. Notre but est de conserver l’unité.
Q. L’unité à tout prix ?
R. À tout prix, parce que nous croyons que Jéhovah Dieu utilise notre organisation pour la diriger, même si des erreurs sont commises de temps en temps.
Q. Une unité basée sur l’acceptation forcée d’une fausse prophétie ?
R. C’est admis comme étant vrai.
Q. Cette personne excommuniée serait-elle digne de mort ? Oui ou non ?
R. Je réponds oui, sans hésitation.
Q. Appelez-vous cela du christianisme ?
R. Certainement.
Source : Internet Archives 

2-C. Les enfants baptisés également condamnés — pages 370-375
L’avocat interroge le frère Covington sur les enfants baptisés dans les congrégations.
Q. Dans votre congrégation de New York, avez-vous eu des enfants de onze ou douze ans qui se faisaient baptiser ?
R. Oh oui, j’en conviens immédiatement.
L’avocat pousse alors plus loin, en liant directement le baptême des enfants aux conséquences de la désobéissance :
Q. La personne qui exprime son désaccord et est exclue se trouve en rupture de contrat si elle a été baptisée ?
R. C’est exact.
Q. Et comme vous l’avez dit expressément hier, elle serait digne de mort ?
R. Je pense… Q. Répondez par oui ou par non.
R. Je réponds oui, sans hésiter.
Q. Appelez-vous cela de la religion ?
R. Certainement.
Q. Appelez-vous cela du christianisme ?
R. Certainement.

Le frère Covington justifie ensuite cette position par le livre d’Ézéchiel, où Dieu ordonne de détruire hommes, femmes et enfants, en précisant : « Si l’enfant a compris, ce qu’il doit faire avant d’être baptisé, alors il se trouve sur le même pied qu’un adulte. »
Un enfant de onze ans, potentiellement baptisé sous l’influence de ses parents, ou immature en raison de son âge, serait donc digne de mort spirituelle s’il contestait une doctrine. Le frère Covington le confirme sans hésitation, devant un juge, sous serment. La Société Watchtower devient juge à la place de Dieu !
Source : Internet Archives 

PREUVE N°3 – LA DISSIMULATION DANS LES PUBLICATIONS OFFICIELLES

3-A. La Tour de Garde du 15 octobre 1955, pages 317-318
Article consacré au procès. Il présente l’affaire comme une démonstration de sincérité religieuse et une lutte courageuse pour les droits des Témoins. Le frère Franz y est décrit comme ayant « saisi la splendide occasion pour rendre un bon témoignage ». Le frère Covington y est présenté comme ayant sereinement « expliqué la structure de l’organisation ». Pas un mot sur les contradictions de Franz concernant sa prétendue maîtrise de l’hébreu. Pas un mot sur les aveux du frère Covington que l’unité de culte prime sur la vérité, ni sur la mort spirituelle des dissidents. La transcription de 762 pages n’est pas mentionnée. Aucun des aveux n’est évoqué.

L’article va jusqu’à écrire que « à la surprise des avocats et des reporters, le juge lui répondit quand il exprima ses remerciements », soulignant la courtoisie du juge envers Franz. Ce même juge venait pourtant de l’humilier sur sa prétendue maîtrise de l’hébreu. C’est le comble de la dissimulation. Tout cela n’est que de la tromperie et de l’hypocrisie …
Source : TG 15.10.1955 p.317-318

3-B. L’annuaire (Yearbook) 1973, page 129
Dix-huit ans après le procès, la Watchtower mentionne pour la première fois l’existence de la transcription de 762 pages, uniquement parce qu’elle circulait désormais publiquement. Pas une seule ligne n’en est citée. Aucun des aveux n’est mentionné.
L’annuaire présente Franz comme étant venu « expliquer les croyances des témoins de Jéhovah à l’aide de la Bible ». Il présente le frère Covington comme ayant « mis l’accent sur l’organisation, les cérémonies et les pratiques ». Tout est décrit sereinement, comme si le procès s’était déroulé sans incident.
Source : Annuaire 1973

Comparaison directe :
La transcription montre que le frère Franz contredit ses propres affirmations sur sa maîtrise de l’hébreu et refuse de traduire un verset élémentaire devant le juge. La transcription montre le frère Covington admettre que de fausses doctrines sont imposées aux membres et qu’un dissident est digne de mort spirituelle. La transcription montre le juge critiquer sévèrement le niveau de formation des ministres et leur nature purement administrative.

Conclusion : La Société Watchtower connaissait la transcription dès 1954. Elle a choisi pendant dix-huit ans de n’en rien dire à ses membres. Il ne s’agit pas d’un oubli : c’est une dissimulation documentée, démontrable par simple comparaison entre ses propres publications officielles et les archives judiciaires écossaises.


ANNEXE 1 – L’EMPHATIC DIAGLOTT (acquisition 1902)

En 1902, la Watch Tower acquiert les droits exclusifs de l’Emphatic Diaglott, interlinéaire grec-anglais du Nouveau Testament rédigé par Benjamin Wilson (1864). La Watchtower reconnaît elle-même cette acquisition en disant : ‘En 1902, le copyright et les clichés de la Diaglott ont été achetés à la Fowler & Wells Company de New York et offerts à la Société Watch Tower dont Charles Taze Russell était alors le président’.
Source : TG 01.03.1970 p.147 §6
Source : Internet Archive
Ce livre ne couvre que le Nouveau Testament en grec. Il ne remplace pas la maîtrise de l’hébreu biblique nécessaire pour traduire l’Ancien Testament. Or aucun membre du comité ne maîtrisait l’hébreu, comme le démontre la Preuve n°1.


ANNEXE 2 – LES DEUX LIVRES DE RAYMOND FRANZ

Raymond Franz (1922-2010) : membre du Collège central de 1971 à 1980, neveu de Frederick Franz, exclu en 1981. Son témoignage a une valeur particulière car il avait accès aux délibérations internes au plus haut niveau.

Crisis of Conscience – Commentary Press, Atlanta, 1983 (rééditions jusqu’en 2004). Page 50 et note de bas de page : qualifications réelles des membres du comité de traduction.
Source : Internet Archive

In Search of Christian Freedom – Commentary Press, Atlanta, 1991 (2e édition 2007, 732 pages). Chapitre 2 « The Channel of God » : autorité organisationnelle, obéissance obligatoire, le Collège central comme seule source d’interprétation. Cite directement les aveux du procès Walsh.


CONCLUSION

L’ensemble de ce dossier repose exclusivement sur :
Des témoignages sous serment devant un tribunal officiel.
Des publications officielles de la Société Watch Tower.
Des ouvrages académiques publiés par des maisons d’édition reconnues.
Le témoignage d’un ancien membre du Collège central.

Ces faits démontrent que le principal traducteur de la Traduction du Monde Nouveau ne maîtrisait pas les langues sources requises, que l’organisation impose l’obéissance à ses doctrines même reconnues fausses sous peine de mort spirituelle, et que ces aveux ont été systématiquement cachés aux membres pendant des décennies.
Ce ne sont pas des interprétations ni des opinions. Ce sont des faits consignés dans les archives judiciaires officielles écossaises, vérifiables sur les sources primaires accessibles en ligne.

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