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Le tétragramme Divin dans le nouveau testament Grec – Résumé

Toutes les traductions modernes de la Bible s’accordent à dire que le nom Divin ‘Jéhovah*’ n’apparaît pas dans le Nouveau Testament (*YHWH). Seule la Traduction du Monde Nouveau* de la Société Watchtower (*TMN) fait l’exact opposé en l’insérant 237 fois. Ces deux positions sont-elles fondées ? Non, et c’est précisément ce que cet article établit.
Le résultat de cette analyse verset par verset est le suivant. 79 restitutions du nom Divin sont légitimes dans le Nouveau Testament grec ! Réfléchissez et voyez par vous-même.


Le nom Divin dans les premiers manuscrits grecs

Le Tétragramme יהוה (YHWH), apparaît 6 828 fois dans le texte hébreu original de l’Ancien Testament. Ce fait est universellement reconnu. Ce qui l’est moins, c’est qu’il figurait également dans les premières traductions grecques de ces mêmes textes. Le Papyrus Fouad 266, daté du premier siècle avant notre ère, le Rouleau grec des Petits Prophètes du Nahal Hever, strictement contemporain des auteurs du Nouveau Testament, et plusieurs fragments de Qumrân en apportent la preuve. Le Tétragramme n’était pas traduit par le mot grec Kyrios (Seigneur) dans ces copies anciennes. Il y était écrit directement en lettres hébraïques au sein même du texte grec. Jérôme lui-même, au quatrième siècle, décrit des lecteurs grecs qui, trouvant ces quatre lettres dans un manuscrit, ne savaient pas quoi en faire et les prononçaient ‘PIPI’.
C’est dans ce contexte que le chercheur George Howard (Université de Géorgie, Journal of Biblical Literature, 1977) a formulé la thèse suivante. Les rédacteurs du Nouveau Testament, souvent apôtres, lorsqu’ils citaient l’Ancien Testament hébreu, ont très probablement conservé le Tétragramme dans leurs citations, et celui-ci a été remplacé par Kyrios au début du deuxième siècle. Howard lui-même précise qu’il s’agit d’une théorie, non d’un fait prouvé. Aucun manuscrit grec du Nouveau Testament ne porte le Tétragramme. Mais tous les manuscrits connus sont postérieurs à cette période de substitution.


Le problème fondamental de la méthode de la Société Watchtower

Pour insérer le nom Jéhovah à 237 endroits du Nouveau Testament grec, la Société Watchtower a utilisé une méthode qu’elle explique dans l’Appendice 1D de sa propre traduction française de 1995. Elle a identifié les citations de l’Ancien Testament dans le texte grec, puis s’est appuyée sur des traductions hébraïques du Nouveau Testament qu’elle appelle ‘documents J’ pour confirmer la présence du nom Divin.
Le problème est que ces documents J sont des traductions du Nouveau Testament réalisées entre le quatorzième et le vingtième siècle, à partir du texte grec ou latin, non à partir de manuscrits hébreux originaux du premier siècle. Leurs auteurs, qu’il s’agisse de Franz Delitzsch au dix-neuvième siècle ou de traducteurs médiévaux, ont suivi une règle linguistique naturelle. Quand on traduit vers l’hébreu un texte grec portant Kyrios, on écrit YHWH, parce que c’est la convention. Ce n’était pas une erreur de leur part. Mais la Société Watchtower a ensuite utilisé ces traductions médiévales comme preuve que le texte grec original du premier siècle portait le Tétragramme.
► Ce raisonnement est circulaire. On traduit Kyrios en YHWH au seizième siècle, puis on utilise cette traduction pour prouver que l’original du premier siècle portait YHWH. Ce n’est pas une preuve. C’est un biais historique et une falsification manifeste !
Il faut le nommer clairement. Insérer volontairement un mot dans le texte sacré sans fondement textuel défendable, c’est une modification des Saintes Écriture ! La Parole de Dieu elle-même interdit cet acte avec une sévérité absolue. La Révélation à Jean au chapitre 22.18-19 dit que ‘si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu lui ajoutera les fléaux qui sont écrits dans ce rouleau ; et si quelqu’un enlève quelque chose aux paroles de ce rouleau prophétique, Dieu lui enlèvera sa part des arbres de vie …’. Ce principe ne vaut pas seulement pour le livre de la Révélation à Jean, il exprime la règle fondamentale qui gouverne tout rapport à l’Écriture Sainte, déjà formulée en Deutéronome 4.2 : « Vous ne devez rien ajouter à la parole que je vous commande, et vous ne devez rien en retrancher, afin d’obéir aux commandements de Jéhovah votre Dieu …’. Insérer le nom de Jéhovah à 145 endroits où aucun texte du premier siècle ne l’autorise, en s’appuyant sur des traductions médiévales dont ce n’était pas la fonction, constitue exactement ce type d’addition. C’est une forme d’apostasie, celle d’une Organisation qui altère délibérément la Parole de Dieu pour conforter sa propre doctrine et mettre en place des dogmes erronés …


La méthode rigoureuse selon trois conditions cumulatives

Pour qu’une restitution du nom Divin soit défendable dans le Nouveau Testament, trois conditions doivent être simultanément réunies.


La première
Le passage du Nouveau Testament est une citation directe et stricte d’un passage de l’Ancien Testament hébreu, mot pour mot ou quasi mot pour mot. Une simple allusion, un écho de style ou un contexte similaire ne suffisent pas.


La deuxième
Dans ce passage hébreu précis, le Tétragramme יהוה figure effectivement, parmi les 6 828 occurrences normales, ou parmi les 134 passages où les scribes juifs (Sopherim) ont documenté avoir remplacé YHWH par Adonaï, fait attesté par la Massore elle-même.


La troisième
Le contexte du passage du Nouveau Testament confirme que l’écrivain cite effectivement un texte hébreu identifiable, lecture dans une synagogue, formule d’introduction du type ‘il est écrit’ ou ‘que dit l’Écriture’, discours reprenant textuellement un verset attribué à son auteur.
Quand ces trois conditions sont réunies, la restitution est justifiée sans réserve. Quand l’une d’elles fait défaut, elle ne l’est pas.


Les résultats livre par livre

L’application de cette méthode aux 237 occurrences produit un bilan précis.
Les restitutions légitimes s’élèvent à 79 au total. Soit, 77 justifiées et 2 doublement justifiées, ces dernières étant Matthieu 22.44 et Marc 12.36, qui sont des citations directes du Psaume 110.1, lui-même figurant parmi les 134 passages modifiés par les Sopherim, preuve renforcée que YHWH y figurait à l’origine.s Il faut ajouter les 8 substitutions d’Élohim documentées par Ginsburg (Ps 14.1, 14.2, 14.5, 53.1, 53.2, 53.4, 53.5 et 53.6), portant le total des restitutions nécessaires dans le texte hébreu à 142 endroits.
12 occurrences sont classées douteuses car elles présentent un lien contextuel réel avec des passages de l’Ancien Testament contenant YHWH, mais sans atteindre le seuil de la citation textuelle stricte. Chacune mérite un examen individuel.
146 occurrences sont non justifiées. L’écrivain du Nouveau Testament y écrit librement, sans citer un passage hébreu précis contenant YHWH. La Société Watchtower n’a aucun appui textuel du premier siècle pour y remettre le Tétragramme.
Certains contrastes sont saisissants. L’Évangile de Jean est le plus rigoureux car ses 5 occurrences sont toutes des citations directes de l’Ancien Testament avec YHWH présent dans le texte hébreu précis. L’épître aux Hébreux est également remarquable, avec 11 occurrences justifiées sur 12, notamment la longue citation de Jérémie 31 qui justifie quatre restitutions consécutives. À l’opposé, les lettres aux Éphésiens et aux Colossiens ne contiennent pas une seule occurrence justifiable car leurs 12 insertions de Jéhovah sont toutes des formules morales ou narratives sans ancrage dans un verset hébreu précis. Les Actes des Apôtres présentent 42 occurrences non justifiées sur 52, c’est considérable …


Ce que cela signifie

La Société Watchtower a eu raison de restituer le nom YHWH dans l’Ancien Testament là où il figure 6 828 fois : c’est un acte de fidélité textuelle que beaucoup d’autres traductions n’a pas accompli. Ce principe est juste et fidèle.
Mais ce même principe, ne pas effacer le nom de Dieu là où il se trouve, exige symétriquement de ne pas l’ajouter là où il ne se trouve pas. La Société Watchtower ne l’a pas appliqué avec la même rigueur dans les deux sens. Elle a inséré le nom de Jéhovah à 145 endroits où aucun texte du premier siècle ne l’autorise, en s’appuyant sur des traductions médiévales dont ce n’était pas la fonction.
Ce travail est un jugement textuel, verset par verset, conduit selon les règles de la critique textuelle historique, sur la légitimité d’introduire le nom Divin dans ces passages. Son résultat est simple, 79 restitutions sont légitimes. Les 158 autres ne le sont pas.
Pour une analyse complète, verset par verset, de chacune des 237 occurrences, avec les textes hébreux sources, les références aux manuscrits anciens et la discussion des cas douteux, voyez l’article complet avec rigueur, s’il-vous-plaît …

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