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Qu’est-ce que l’apostasie ?

Le mot apostasie est aujourd’hui utilisé à tort et à travers. Dans certains milieux religieux, on accuse d’apostasie quiconque remet en question les décisions d’une direction humaine. C’est une confusion grave qui a des conséquences réelles sur des personnes sincères. Il est donc temps de définir ce mot avec précision, en partant de son sens originel et celui des Saintes Écritures.


L’origine du mot

Le mot apostasie vient du grec ‘apostasia’, lui-même tiré du verbe ‘aphistèmi’, qui signifie se tenir à l’écart de, s’éloigner de, abandonner. La racine ‘apo’ signifie ‘loin de’, et ‘stasis’ désigne le fait de se tenir quelque part, une position. L’apostasie est donc étymologiquement l’acte de quitter une position qu’on occupait, de s’éloigner délibérément de quelque chose auquel on était lié.
Dans le grec classique, ce mot s’appliquait aussi bien à un soldat qui déserte qu’à un sujet qui se révolte contre son souverain. C’était un acte de trahison envers une allégeance que l’on avait librement contractée. Ce point est fondamental ! On ne peut trahir que ce à quoi on était lié.


Ce que dit la Bible

Dans la Septante, la traduction grecque des Écritures hébraïques, le mot ‘apostasia’ est utilisé pour décrire Israël abandonnant l’alliance avec Jéhovah, et non avec des chefs religieux. On le retrouve notamment en Josué 22.22 et en 2 Chroniques 29.19. Dans ces contextes, il s’agit toujours d’un peuple qui connaissait le vrai Dieu, qui avait contracté une alliance avec lui, et qui s’en est éloigné volontairement.
Dans le Nouveau Testament, en Actes 21.21, Paul est accusé d’enseigner l’apostasie de Moïse aux Juifs des nations. L’accusation repose sur le fait que les Juifs, peuple de l’alliance, auraient été instruits à abandonner la Loi. C’est une accusation grave précisément parce qu’il s’agit de personnes qui avaient reçu la lumière de Dieu.
En 2 Thessaloniciens 2.3, Paul parle d’une apostasie eschatologique, une grande défection collective qui précédera la révélation de l’homme d’illégalité. Là encore, il s’agit d’un abandon organisé et délibéré, pas d’un simple doute ou d’un éloignement progressif.


La conclusion logique et scripturaire

On ne peut apostasier que si l’on était réellement en relation avec le VRAI Dieu.
C’est une vérité simple mais qui change tout à la compréhension générale de ce mot.
Un bouddhiste qui quitte le bouddhisme ne commet pas d’apostasie envers Jéhovah. Un musulman qui abandonne l’islam ne trahit pas le Dieu de la Bible. Un catholique qui quitte l’Église romaine ne rompt pas une alliance avec le Créateur. Pourquoi ? Parce que ces systèmes religieux, quelles que soient leurs prétentions, n’ont pas établi leurs adorateurs dans une relation d’alliance avec Jéhovah, le seul Dieu vivant et vrai, Créateur du ciel et de la terre et de toute chose (Psaume 83.18 ; Ésaïe 45.5-6 ; Jean 17.3).
Ce n’est pas une question d’arrogance. C’est simplement la logique de l’alliance. On ne peut trahir que ce à quoi on s’est lié. Les nations qui adoraient Baal, Astarté, Dagôn ou Amôn n’étaient pas des apostats. Elles étaient des personnes idolâtres dans l’obscurité démoniaque. C’est Israël qui pouvait apostasier, parce qu’Israël avait reçu la Loi, l’alliance, et la connaissance du nom de Dieu. Jésus lui-même l’exprime clairement en disant : ‘celui à qui on a beaucoup donné, on exigera beaucoup de lui ; et celui à qui on a confié beaucoup, on exigera de lui plus que d’ordinaire’ (Luc 12.48).
Quitter une fausse religion n’est donc pas de l’apostasie. C’est potentiellement un réveil en direction du seul vrai Dieu Jéhovah …


Le baptême et l’engagement

Dans le cadre chrétien, l’apostasie prend une dimension encore plus précise. Le baptême n’est pas un rite vide. C’est un engagement solennel, un acte public par lequel une personne se consacre au vrai Dieu, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint (Matthieu 28.19). C’est une promesse faite à Dieu lui-même, comme Pierre le précise clairement, le baptême est l’engagement envers Dieu d’une bonne conscience (1 Pierre 3.21).
L’apostasie, dans ce cadre, c’est le fait de renier cet engagement. C’est se retourner contre Dieu après l’avoir connu, après avoir fait alliance avec lui, après avoir reçu sa parole et son Esprit, dans une certaine mesure. La lettre aux Hébreux est particulièrement directe à ce sujet. ‘En effet, ceux qui ont été éclairés, qui ont goûté le don gratuit du ciel, qui sont devenus participants de l’esprit saint et qui ont goûté la belle parole de Dieu et les puissances du monde à venir, mais qui sont tombés, il est impossible de les faire revivre encore une fois pour le repentir, parce qu’ils clouent eux-mêmes de nouveau le Fils de Dieu au poteau et l’exposent au déshonneur public’ (Hébreux 6.4-6).
Ce texte décrit quelqu’un qui a vraiment connu Dieu, qui a reçu son Esprit, et qui a ensuite choisi de s’en éloigner délibérément. Voilà l’apostasie !


L’apostat n’est pas une victime d’un système

Il faut être clair sur ce point parce que certains tentent de présenter l’apostat comme une victime courageuse qui résiste à un système oppressif. C’est une inversion complète de la réalité !
L’apostasie suppose un choix libre et préalable. Personne n’est baptisé de force dans la vraie religion de Dieu. Le baptême est un acte volontaire, réfléchi, par lequel une personne dit à Dieu : ‘je te reconnais, je m’engage envers toi, je veux te servir’. Ce n’est pas une Organisation qui reçoit cette promesse. C’est Dieu lui-même.
L’apostat est donc quelqu’un qui a librement fait ce choix, cette promesse jusqu’à la mort, et qui choisit ensuite de la renier. Ce n’est pas une victime du système. C’est quelqu’un qui ne respecte pas sa parole donnée à Dieu, un traître … Judas Iscariote en est l’exemple le plus frappant. Il a vu les miracles de Jésus, il a marché avec lui, il a reçu la lumière directement, et il a choisi la trahison (Jean 6.70-71 ; Jean 13.27). Jésus lui-même dit de lui qu’il aurait mieux valu pour cet homme de ne pas être né (Matthieu 26.24).
En revanche, celui qui n’a pas choisi son engagement religieux, celui qui a été élevé dans une religion sans jamais avoir consacré librement sa vie à Dieu, celui-là ne peut pas être tenu pour apostat. Il n’a pas trahi une promesse qu’il n’a pas faite. C’est une distinction importante et juste.
L’apostat est responsable devant Dieu seul. Il est victime de sa propre défection …
Et malheur à ceux qui se sont fait baptisés à la légère, sans comprendre l’importance primordiale et le grand respect qu’il faut avoir devant un engagement solennel auprès de Jéhovah, le Créateur du ciel et de la terre … On ne se moque pas de Dieu sans en subir les conséquences …


Ce que l’apostasie n’est pas

L’apostasie n’est pas le fait de poser des questions sur des doctrines.
L’apostasie n’est pas le fait de signaler une erreur dans l’interprétation d’un texte biblique.
L’apostasie n’est pas le fait de dénoncer des abus commis au sein de l’Organisation religieuse de Dieu.
L’apostasie n’est pas le fait de refuser de suivre des hommes qui s’écartent des Saintes Écritures.
Confondre tout cela avec l’apostasie est une manipulation, qu’elle soit consciente ou non. Elle sert à protéger une organisation de toute remise en question, en mettant sur le même plan la rébellion contre Dieu et la rébellion contre des dirigeants humains. Ce sont deux choses radicalement différentes.
La Bible elle-même distingue clairement les deux. Les Béréens de l’époque des apôtres examinaient les Écritures chaque jour pour voir si ce qu’on leur disait était conforme (Actes 17.11). Ils ne suivaient pas aveuglément l’enseignement de qui que ce soit, même un apôtre. Et la Bible les en loue. Pierre lui-même a été repris en face par Paul parce qu’il marchait de travers par rapport à la vérité de l’Évangile (Galates 2.11-14). Reprendre un responsable sur la base des Écritures n’est pas de l’apostasie. C’est de la fidélité à Dieu.


Quand l’accusation d’apostasie devient une arme de contrôle

Il existe un mécanisme bien rodé dans certaines organisations religieuses qui consiste à retourner le mot apostasie contre ceux qui osent poser des questions ou dénoncer des dérives. Ce mécanisme est simple. On élargit la définition de l’apostasie jusqu’à y inclure toute remise en question de l’autorité dirigeante. Ainsi, celui qui signale une erreur doctrinale devient un apostat. Celui qui dénonce un abus devient un apostat. Celui qui dit simplement que tel ou tel enseignement ne correspond pas aux Écritures, devient un apostat ou un complotiste …
La Société Watchtower et son Collège Central appliquent ce mécanisme de manière systématique dans son enseignement écrit et ses nombreuses vidéos. Un membre qui remet en question publiquement un enseignement du Collège Central s’expose à une procédure d’exclusion pour apostasie. Non pas parce qu’il a renié Dieu. Non pas parce qu’il a trahi son engagement de baptême envers Jéhovah. Mais uniquement parce qu’il n’a pas soumis sa conscience et sa foi à des hommes menteurs et idolâtres …
C’est une confusion volontaire et grave. Elle sert un seul objectif. Protéger l’institution de toute remise en question en faisant peser sur les membres la menace spirituelle la plus lourde qui soit. Car si on te convainc que critiquer l’Organisation c’est trahir Dieu, tu te tais. Et si tu te tais, l’Organisation est à l’abri et peut continuer son apostasie en dominant méchamment sur la foi et le libre arbitre des coreligionnaires, tout en continuant de cacher la pédophilie, les faux enseignements et les transactions financières frauduleuses pour ne citer que ces pratiques démoniaques … (Voyez les nombreux articles sur ce site qui prouvent ces affirmations).
Mais la Bible ne laisse aucune ambiguïté. Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Actes 5.29). Ce n’est pas une option. C’est un impératif. Pierre et les apôtres l’ont dit devant le Sanhédrin, l’autorité religieuse la plus haute de leur époque. Ils n’ont pas cédé. Ce n’est pas eux qui étaient des apostats. C’était ceux qui exigeaient d’eux une obéissance contraire à la parole de Dieu. Et Étienne a fait de même jusqu’à sa mort fidèle (Actes 6.8-8.2).
Accuser d’apostasie quelqu’un qui reste fidèle aux Écritures tout en dénonçant les erreurs d’une direction humaine, c’est inverser complètement le sens du mot. Et cette inversion n’est pas une erreur innocente. C’est le signe même de ce que Paul annonçait, à savoir, des hommes qui parlent de façon pervertie pour entraîner les disciples derrière eux (Actes 20.30).


La vraie apostasie dans les derniers temps

Paul avertit Timothée que dans les temps à venir, certains abandonneront la foi, se tourneront vers des esprits trompeurs et des enseignements de démons, par l’hypocrisie d’hommes qui disent des mensonges, dont la conscience est comme marquée au fer rouge (1 Timothée 4.1-2). L’apostasie prophétique ne vient pas de ceux qui posent des questions. Elle vient de ceux qui introduisent des enseignements faux tout en prétendant représenter Dieu et qui ne tolèrent aucune objection.
Jean ajoute dans sa première lettre : ‘ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres. Car s’ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous’ (1 Jean 2.19). L’apostasie se révèle par le fruit car on reconnaît un arbre à son fruit, a dit Jésus (Matthieu 7.16-20). Ce n’est pas celui qui pose des questions qui révèle un mauvais arbre. C’est celui qui détourne la parole de Dieu, qui étouffe la vérité, qui protège l’institution déviante au détriment des brebis du Christ.


Conclusion

L’apostasie réelle est l’abandon délibéré du vrai Dieu par quelqu’un qui le connaissait, qui avait fait alliance avec lui, et qui choisit de s’en détourner. Elle suppose une relation préalable authentique. Elle suppose la lumière reçue, puis le choix de la fuir.
Elle ne concerne pas ceux qui quittent de fausses religions. Elle ne concerne pas ceux qui dénoncent des erreurs doctrinales au sein d’une organisation. Elle ne concerne pas ceux qui refusent de soumettre leur conscience à des hommes plutôt qu’à Dieu.
Celui qui reste fidèle à la parole de Dieu, qui examine les Écritures, qui dénonce ce qui s’écarte de la vérité, celui-là n’est pas un apostat. Il marche dans les traces des prophètes, des apôtres, et de Jésus lui-même, qui tous ont repris ceux qui déviaient, parfois au prix très fort d’une mort fidèle …

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