Qu’est-ce que l’apostasie ?
Le mot apostasie est aujourd’hui utilisé à tort et à travers. Dans certains milieux religieux, on accuse d’apostasie quiconque remet en question les décisions d’une direction humaine. C’est une confusion grave qui a des conséquences réelles sur des personnes sincères. Il est donc temps de définir ce mot avec précision, en partant de son sens originel et de celui des Saintes Écritures, et en allant plus loin que ce que l’on croit généralement.
L’origine du mot
Le mot apostasie vient du grec ‘apostasia’, lui-même tiré du verbe ‘aphistèmi’, qui signifie se tenir à l’écart de, s’éloigner de, abandonner. La racine ‘apo’ signifie ‘loin de’, et ‘stasis’ désigne le fait de se tenir quelque part, une position. L’apostasie est donc étymologiquement l’acte de quitter une position qu’on occupait, de s’éloigner délibérément de quelque chose auquel on était réellement lié. Ce point est fondamental et il commande toute la suite du raisonnement, car on ne peut trahir que ce à quoi on était véritablement lié.
Mais cette seule étymologie ne suffit pas à définir le terme au sens biblique, car elle ne précise pas la nature du lien rompu. Quitter une position occupée dans une religion humaine n’est pas la même chose que quitter une position occupée dans la vraie relation avec Dieu. C’est cette distinction fondamentale qu’il faut maintenant établir.
Les trois relations authentiques possibles avec Jéhovah
L’histoire biblique connaît trois formes de relation authentique entre des humains et le seul vrai Dieu Jéhovah. C’est uniquement à l’intérieur de celles-ci que l’apostasie peut exister.
La première est l’alliance de la Loi, contractée par Israël au Sinaï. Le peuple avait reçu cette alliance directement de Jéhovah, avec des miracles incontestables sous ses yeux (Ex 19.5,6 ; 24.7,8). Dans la Septante, le mot ‘apostasia’ est employé précisément pour décrire Israël abandonnant cette alliance, jamais pour désigner un peuple étranger qui aurait quitté ses propres dieux (Jos 22.22 ; 2Ch 29.19). Quand Israël s’est tourné vers le veau d’or ou vers Baal, ce n’était pas une fausse religion de plus parmi d’autres (Ex 32.7,8). C’était une défection consciente d’une relation déjà établie avec le vrai Dieu. En Actes 21.21, Paul est accusé, dans ce même esprit, d’enseigner aux Juifs des nations l’abandon de la Loi de Moïse. L’accusation était grave précisément parce qu’il s’agissait d’un peuple ayant reçu la lumière de Dieu par son alliance (Dt 5.2,3).
La seconde est l’appel céleste, ouvert depuis la Pentecôte de l’an 33, par le moyen de l’Esprit Saint, et qui reste actif (Hb 3.1). Recevoir cet appel, c’est se voir proposer par l’Esprit Saint lui-même la perspective de vivre après la mort en tant que Roi et prêtre aux côtés de Christ dans son royaume céleste (Rv 20.6). C’est une faveur que Jéhovah n’accorde qu’à ceux qu’il en juge dignes. La lettre aux Hébreux décrit cette réalité en rappelant que ceux qui ont été éclairés, qui ont goûté le don gratuit du ciel, qui sont devenus participants de l’Esprit Saint et qui ont goûté la belle parole de Dieu et les puissances du monde à venir, mais qui sont tombés, il est impossible de les faire revivre encore une fois pour le repentir, parce qu’ils clouent eux-mêmes de nouveau le Fils de Dieu au poteau et l’exposent au déshonneur public (Hb 6.4-6). Ce passage décrit un authentique appelé céleste qui a ensuite choisi de s’en détourner.
La troisième concerne tous les humains qui, sans avoir l’espérance céleste, sont sortis des fausses religions humaines et ont saisi le vrai sens de la Bible selon les connaissances qu’ils avaient à cette époque. Ils se sont consacrés à Jéhovah par le baptême et sont devenus ses fils en vivant une véritable relation filiale avec lui (Jn 1.12 ; Ga 3.26 ; voir l’article sur les fils de Jéhovah). Cette relation n’est donc pas réservée à ceux qui ont l’appel céleste. Si un tel chrétien, pleinement conscient de cet engagement, choisit sciemment de le renier pour combattre son Créateur, il commet une véritable apostasie.
Il faut préciser la portée exacte de cette restriction. Elle concerne des cadres formellement établis par Dieu, l’alliance de la Loi pour tout un peuple, l’appel céleste pour une catégorie d’appelés, et l’engagement public du baptême chrétien pour chaque disciple. Cela ne nie pas que des hommes comme Abel, Hénoch, Noé ou Abraham aient entretenu une relation réelle et personnelle avec Jéhovah, bien avant l’alliance de la Loi. Abel offrit un sacrifice agréé (Gn 4.4). Hénoch marcha avec le vrai Dieu (Gn 5.24). Noé trouva grâce aux yeux de Jéhovah (Gn 6.8,9). Abraham fut appelé l’ami de Jéhovah (Jc 2.23). Les Écritures saluent leur relation comme une relation de foi (Hb 11.4-8).
Mais cette relation demeurait une affaire de foi individuelle. Elle n’entrait pas dans l’un des cadres explicites qui viennent d’être décrits, et dont on puisse faire défection de façon claire. L’apostasie, dans le sens précis retenu ici, suppose donc la rupture d’un engagement explicite établi par Dieu. C’est ce qui distingue la défection d’un Israélite, d’un appelé céleste ou d’un chrétien baptisé par rapport à un simple manque de foi individuel.
En dehors de ces cadres précis, il n’existe aucune autre porte d’entrée vers l’apostasie. Un bouddhiste qui quitte le bouddhisme, un musulman qui abandonne l’islam, un catholique qui quitte l’Église romaine ne trahissent aucune alliance avec Jéhovah. Ces systèmes religieux, quelles que soient leurs prétentions, n’ont pas établi leurs adorateurs dans une relation réelle avec le seul vrai Dieu vivant, Créateur du ciel, de la terre et des esprits (Ps 83.18 ; Is 45.5,6 ; Jn 17.3). Ce n’est pas une question d’arrogance, c’est simplement la logique de l’alliance. Les nations qui adoraient Baal, Astarté, Dagôn ou Amôn n’étaient pas apostates. Elles étaient dans l’obscurité démoniaque depuis le départ (1Co 10.20). Quitter une fausse religion n’est donc jamais de l’apostasie. C’est potentiellement un réveil en direction du seul vrai Dieu Jéhovah.
Le baptême chrétien
C’est le passage obligatoire par lequel une personne entre dans la vraie relation avec Jéhovah. Jésus l’a ordonné à ses disciples en rappelant qu’il faut baptiser ‘au nom du Père, du Fils et de l’Esprit Saint’ (Mt 28.19). Pierre précise que le baptême est l’engagement envers Dieu d’une bonne conscience (1P 3.21). Ce n’est donc pas un rite vide, mais une promesse faite à Dieu lui-même, par laquelle on devient l’un de ses fils. C’est précisément cette promesse, librement faite puis reniée, qui rend l’apostasie possible.
Celui qui n’a jamais été baptisé comme fils de Jéhovah, ou qui a été baptisé dans une organisation humaine qui ne reconnaît pas les critères de Matthieu 28.19 comme faisant autorité, n’a pas trahi un engagement envers Dieu, puisqu’il n’était pas dans cette alliance.
Judas, un cas d’école
Judas Iscariote reste l’exemple le plus frappant de ce que la Bible entend par apostasie. Israélite, il relevait de l’alliance de la Loi, donc de la filiation promise à tout Israël depuis Moïse (Ex 4.22). Il avait été personnellement choisi par Jésus (Jn 6.70,71). Il a vu les miracles du Christ, il a marché avec lui, il a reçu la lumière directement, et il a librement choisi la trahison (Jn 13.27). Jésus dit qu’il aurait mieux valu pour cet homme de ne pas être né (Mt 26.24 ; Jn 17.12).
L’apostat est quelqu’un qui a librement reçu la connaissance et la promesse Divine, et qui choisit ensuite de la renier. En revanche, celui qui n’a jamais reçu cette alliance, cet appel ou cette filiation ne peut pas être tenu pour apostat. Il a simplement été élevé dans une religion humaine, sans jamais avoir été établi par Dieu dans l’une de ces relations authentiques. Il n’a pas trahi une promesse qu’il n’a jamais reçue de Dieu lui-même. C’est une distinction importante à comprendre.
Nous ne lisons pas dans les cœurs
Aucun humain ne peut vérifier avec certitude qui a réellement reçu l’appel céleste et qui ne l’a pas reçu. Et ce n’est pas notre rôle de le savoir, car nous ne sommes pas juge sur les humains. Cependant, à travers l’histoire, beaucoup de faux prophètes et d’hommes menteurs ont prétendu avoir reçu cet appel. Pourtant, les croyances fondatrices de leur mouvement étaient manifestement fausses dès l’origine et n’ont jamais été corrigées, ce qui exclut de fait une authentique onction ou certification par l’Esprit Saint.
La Bible donne un critère pour trancher ce genre de situation sans avoir besoin de lire dans les cœurs. C’est la qualité du fruit qui révèle la valeur de l’arbre, et non l’auto-proclamation (Mt 7.15-20). Jésus prévient d’ailleurs ses disciples que ce phénomène surgira de l’intérieur de l’Assemblée chrétienne qui allait voir le jour après sa mort et sa résurrection. De faux prophètes se lèveront et égareront beaucoup de gens, et l’amour du plus grand nombre se refroidira à cause du développement de l’illégalité, et cela dès le premier siècle (Mt 7.15 ; 24.11,12).
Paul, dans son discours d’adieu aux anciens d’Éphèse, précise l’origine de cette menace. Ce ne sont pas des étrangers qui viendront saccager le troupeau. Ce sont des hommes qui se lèveront du milieu même des anciens, de ceux qui connaissent déjà la vérité, pour attirer les disciples derrière eux (Ac 20.29,30). Pierre annonce la même chose. Il y aura parmi les chrétiens du premier siècle de faux enseignants, qui introduiront des sectes qui mènent à la destruction, allant jusqu’à renier le maître qui les a achetés (2P 2.1).
Paul dira aussi à Timothée que, dans les temps à venir, certains abandonneront la foi. Ils se tourneront vers des esprits trompeurs et des enseignements de démons, par l’hypocrisie d’hommes qui disent des mensonges, la conscience marquée au fer rouge (1Tm 4.1-2). Ces textes décrivent tous le même phénomène, déjà à l’œuvre du vivant des apôtres. Paul le confirme lui-même aux Thessaloniciens en disant que le jour de Jéhovah ne viendra pas avant que l’apostasie ne soit venue et que l’homme d’illégalité ne soit révélé, cette illégalité étant déjà à l’œuvre secrètement à cette époque (2Th 2.3,7).
Jean donne le test décisif pour reconnaître, avec le recul, ceux qui n’étaient jamais réellement établis dans la vérité malgré leurs prétentions. ‘Ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres, car s’ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous’ (1J 2.19).
Le cas du Collège Central des Témoins de Jéhovah
Les Témoins de Jéhovah ne sont qu’une fausse religion chrétienne parmi d’autres, et non la religion instaurée par Dieu (explication biblique et historique dans cet article). Comme des centaines de millions d’humains sincères pris dans une religion fondée par des hommes, ils sont trompés depuis le départ. Ils n’ont jamais trahi une relation réelle avec Jéhovah, puisqu’ils n’y sont jamais entrés par le bon chemin. Et le fait qu’ils mentionnent le nom personnel de Dieu dans le nom de leur religion n’y change rien (Mt 7.21-23 ; Lc 6.46). Ils ne sont pas des apostats, au même titre qu’un catholique ou qu’un musulman sincère ne l’est pas non plus.
Le Collège Central se place dans une situation particulière car il revendique pour lui seul un statut spirituel ultime devant Dieu. Cette revendication ne date pas de 2013. À cette date, la Tour de Garde du 15 juillet 2013 a enseigné qu’eux seuls sont l’esclave fidèle et avisé. Mais dès les premières décennies du mouvement fondé par Charles Taze Russell à la fin du dix-neuvième siècle, ses frères se considéraient déjà comme oints de l’Esprit Saint. Le mouvement s’est très tôt identifié à l’esclave fidèle et avisé de Matthieu 24.45-47, alors compris comme l’ensemble des 144 000 oints répartis sur la terre. La Tour de Garde de 2013 n’a donc pas créé cette revendication, elle en a seulement resserré la portée. D’un ensemble de 144 000 individus oints, l’identité de l’esclave fidèle et avisé s’est trouvée restreinte au seul Collège Central d’une dizaine de personnes, en tant qu’instance centralisée.
Dans les deux cas, avant comme après 2013, la prétention à un statut céleste, oint de l’Esprit Saint, est constante depuis les débuts du mouvement. Ce n’est pas une prétention anodine. C’est une revendication directe de statut spirituel devant Dieu et devant les hommes. Or aucun humain ne peut lire dans le cœur de ses membres pour vérifier si cette prétention est authentique ou frauduleuse.
C’est pourquoi le jugement porté ici repose sur ce qui est vérifiable par les faits. Il y a d’abord une origine humaine. Il y a ensuite un stratagème d’auto-désignation resserré au fil du temps, sans qu’aucun miracle ne vienne jamais l’authentifier. Il y a de nombreuses prophéties répétées et démenties par l’histoire depuis 1874 et l’enseignement de Charles Russell (Dt 18.20-22, voir la page Actualité). Tout cela caractérise le titre de faux prophètes pour ces hommes qui enseignent le mensonge. Il y a enfin une répression systématique et impitoyable de toute critique interne. Ce dernier point constitue à lui seul une preuve comportementale, puisqu’un véritable fils de Jéhovah recherche toujours l’honnêteté, l’intégrité et l’amour véritable qui laisse place au dialogue et à la vérification bienveillante des faits, plutôt que le silence imposé par la répression brutale et l’obéissance aveugle à des hommes pécheurs au lieu du Christ et de Jéhovah. La vérité n’a pas peur d’être inspectée à la lumière alors que le mensonge veut rester dans les ténèbres pour ne pas être découvert …
Examiné à la lumière de Matthieu 7.16-20, ce fruit révèle un arbre mauvais. Une prétention née dans une religion humaine fausse dès l’origine ne peut pas avoir été confirmée par l’Esprit Saint, qui n’accorde pas une alliance céleste à ceux qui ne sont pas dans la vraie relation avec Jéhovah. Il n’y a donc aucune alliance rompue, et par conséquent aucune apostasie. Il y a fausse religion et usurpation d’un titre que Jéhovah n’a jamais confié à une institution humaine, puisque c’est Dieu qui a mis directement en place sa religion, d’abord par l’intermédiaire de Moïse (voir l’article sur les fils de Jéhovah) …
Évidemment, le cas cité vaut pour tous les autres chefs qui dominent sur les religions chrétiennes, comme les hiérarchies autoproclamées des mormons, des adventistes et consorts …
L’apostat n’est pas une victime d’un système
Il faut être clair sur ce point, parce que certains tentent de présenter l’apostat comme une victime courageuse résistant à un système oppressif. C’est une inversion complète de la réalité. L’apostasie suppose un choix libre et accepté au préalable, une connaissance de Dieu puis son refus, quelle qu’en soit la cause et qu’elles qu’en soient les persécutions injustes des hommes, car Dieu soutient toujours ses fidèles, d’une manière ou d’une autre (Gn 45.5‑8 ; Job 42.10‑17 ; Ps 34.19 ; Pr 24.16 ; 1Co 10.13 ; 2Tm 3.12). Ainsi, l’apostat est responsable devant Dieu seul. Il est victime de sa propre défection, son manque de foi, pas d’un système extérieur (Ez 18.24 ; Hb 10.38).
Ce que l’apostasie n’est pas
L’apostasie n’est pas le fait de poser des questions sur des doctrines. L’apostasie n’est pas le fait de signaler une erreur dans l’interprétation d’un texte biblique. L’apostasie n’est pas le fait de dénoncer des abus commis au sein d’une organisation religieuse. L’apostasie n’est pas le fait de refuser de suivre des hommes qui s’écartent des Saintes Écritures ou d’obéir sans réfléchir à ces hommes car les vrais chrétiens sont tous frères et n’ont qu’un seul enseignant, le Christ, et un seul Dieu, Jéhovah le Créateur (Mt 23.8-10 ; 1Co 8.6).
Confondre tout cela avec l’apostasie est une manipulation, consciente ou non. Elle sert à protéger une institution de toute remise en question, en mettant sur le même plan la rébellion contre Dieu et la rébellion contre des dirigeants humains. La Bible distingue clairement les deux. Les Béréens examinaient les Saintes Écritures chaque jour pour voir si ce qu’on leur disait était conforme à la Bible (Ac 17.10-12). Paul invite d’ailleurs tous les chrétiens à examiner toutes choses et à retenir ce qui est bon (1Th 5.21). Pierre lui-même a été repris en face par Paul parce qu’il marchait de travers par rapport à la vérité de l’Évangile (Ga 2.11-14). Reprendre un responsable sur la base de la parole sacrée n’est pas de l’apostasie, c’est de la fidélité à Dieu, de la justice et la manifestation de la vraie foi. Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5.29).
Quand une organisation religieuse retourne systématiquement ce mot contre ceux qui posent des questions ou dénoncent des dérives, c’est elle-même qui correspond à la description de Paul. Ce sont des hommes qui parlent de façon pervertie pour entraîner les disciples derrière eux (Ac 20.30).
Cette accusation risque de frapper tous les chrétiens sincères dans les fausses religions lorsqu’ils s’éveillent à la vraie alliance avec les fils de Jéhovah. Ils s’aperçoivent des mensonges et des fausses prophéties des chefs de leur organisation, et lorsqu’ils veulent en parler ou interroger honnêtement leurs frères et sœurs ou la hiérarchie, ils sont souvent accusés d’apostasie. Mais ce qui est rassurant, c’est que vous n’êtes pas seul, car Jéhovah Dieu est là pour vous accueillir et vous former dès maintenant et pour votre avenir …
Petite digression utile
Le même mécanisme inquisiteur existe en dehors de la religion, dans ce que l’on peut appeler la sphère séculière, assimilable à la politique, aux institutions, aux États, au système mondial qui n’est pas religieux. Les puissants et les chefs y accusent de ‘complotiste’ toute personne qui s’oppose à la hiérarchie ou qui remet en cause la version officielle des médias dociles payés par les puissants de ce monde démoniaque.
Ainsi, en dehors des véritables apostats déjà définis dans cet article, il y a souvent un abus autoritaire des chefs pour déclarer apostat toute personne gênante. Alors, le prétendu apostat désigné par la religion dogmatique est comparable au citoyen lanceur d’alerte déclaré complotiste par l’institution séculière … Dans les deux cas, l’étiquette ne répond à aucun argument réel et vérifiable. Elle sert à disqualifier la personne, à la rendre impure et infréquentable, l’ennemi à abattre, pour ne pas avoir à examiner ce qu’elle dit. Le croyant soumis à une hiérarchie religieuse entend le mot ‘apostat’ et s’écarte sans chercher à comprendre. Le citoyen soumis à une hiérarchie politique entend le mot ‘complotiste’ et remercie les médias menteurs pour leur prétendue bienveillance … Le réflexe est le même, et il vise le même but de faire taire ou détruire …
Conclusion
L’apostasie est l’abandon délibéré du vrai Dieu par quelqu’un qui l’avait réellement connu. Cette connaissance peut venir de l’alliance nationale d’Israël, de l’appel céleste ouvert depuis la Pentecôte, ou d’une véritable relation filiale établie par le baptême chrétien et la connaissance exacte de la vérité hors des fausses religions. Elle suppose une relation authentique préalable, une connaissance reçue, puis le triste choix de renoncer à la promesse faite lors du baptême chrétien.
Elle ne concerne pas ceux qui quittent de fausses religions humaines. Elle ne concerne pas la grande majorité sincère mais trompée dès le départ par ces mêmes fausses religions. Elle ne concerne pas ceux qui dénoncent des erreurs doctrinales ou qui refusent de soumettre leur conscience à des hommes plutôt qu’à Dieu.
L’antidote de l’apostasie est de bien réfléchir à ses engagements devant Jéhovah et de l’aimer de tout son cœur, de toute sa force, de tout son esprit, de toute son âme en aimant son prochain comme soi-même, en action et vérité (Mt 22.37-39 ; 1J 3.18) …
