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Genèse 5.22 – Le ‘vrai’ Dieu inventé 400 fois par la Société Watchtower …

La Traduction du Monde Nouveau (TMN) de la Société Watchtower.

Elle ajoute systématiquement le qualificatif ‘vrai’ devant le mot ‘Dieu’ dans des centaines de versets, alors que ce mot n’existe pas dans les textes sources hébreux massorétiques.
La TMN le reconnaît elle-même en note de bas de page pour Genèse 5.22, la Bible NWT anglaise indique ‘Lit., the God.’ — littéralement ‘le Dieu’. Le mot ‘vrai’ est donc un ajout interprétatif, non une traduction.
Ce que dit le texte hébreu : les expressions haʼElohim (הָאֱלֹהִים) et haʼEl (הָאֵל) signifient simplement ‘le Dieu’ — l’article défini ‘ha’ (ה) devant le nom Divin. Aucun mot hébreu correspondant à ‘vrai’ (emet, H571) n’est présent dans ces textes.
Toutes les références ci-dessous partagent ce même constat : le mot ‘vrai’ est absent du texte hébreu original et donc des concordances Strong …


Traduction ou interprétation ?

Le lexique de la Bible TMN 1995, page 1834, l’admet sans ambiguïté. L’expression hébraïque haʼElohim signifie littéralement ‘le Dieu’, et le mot ‘vrai’ est ajouté par les traducteurs pour, selon eux, ‘restituer le sens complet’. C’est là que le problème commence.
Une traduction fidèle rend ce que le texte dit. Une interprétation ajoute ce que le traducteur croit que le texte veut dire. Or quand Moïse, Josué ou les prophètes parlent de ‘le Dieu’, leurs lecteurs hébreux n’avaient aucun doute sur l’identité de ce Dieu, nul besoin de préciser qu’il est ‘vrai’. Le texte se suffit à lui-même, comme il s’est suffi pendant trois mille ans. Ajouter ‘vrai’ n’apporte rien au sens ! Cela révèle seulement le filtre doctrinal du traducteur, appliqué ici près de 400 fois sans aucun appui dans le texte source.


Les lexicographes que la Société Watchtower cite… et qui la contredisent.

Pour justifier l’ajout de ‘vrai’ devant ‘Dieu’, l’appendice de la TMN de 1995 cite trois spécialistes indépendants.
Zorell écrit (p. 54) que haʼÉlohim désigne ‘particulièrement le seul vrai Dieu, Jahvé’. Le dictionnaire ST précise : ‘haʼÉlohim — le Dieu, le vrai Dieu.’ Et Touzard, dans sa Grammaire hébraïque abrégée (Paris, 1905), explique que l’article défini hébreu s’emploie ‘par voie d’excellence’, haʼÉlohim signifiant ainsi ‘le vrai Dieu, c’est-à-dire Dieu’.
Mais aucun de ces auteurs ne dit qu’il faut ajouter le mot ‘vrai’ dans le texte traduit. Ils expliquent ce que la forme hébraïque implique pour un lecteur de l’hébreu, ce qui est très différent d’une licence de traduction. Une grammaire qui dit ‘haʼÉlohim signifie le vrai Dieu’ décrit le sens contextuel de la forme ; elle n’autorise pas à insérer un qualificatif absent puisque ‘ha’Élohim signifie littéralement ‘le Dieu’, c’est-à-dire le seul Créateur des esprits et du monde physique (le ciel et la terre). Aucune des grandes traductions académiques n’a tiré cette conclusion des mêmes grammaires.


Les 8 versets qui brisent la règle.

C’est ici que l’argument de la Société Watchtower s’effondre complètement. L’appendice lui-même reconnaît que haʼÉlohim, la même forme grammaticale avec le même article défini, désigne d’autres dieux en 8 versets : Exode 18.11 ; 22.20 ; Deutéronome 10.17 ; Juges 10.14 ; 2 Chroniques 2.5 ; Psaumes 86.8 ; 136.2 ; Jérémie 11.12.
Si l’article défini ha suffisait à imposer le sens ‘vrai’, alors la TMN devrait écrire ‘le vrai Dieu’ dans ces 8 versets aussi, y compris pour les faux dieux des nations. Elle ne le fait évidemment pas … Ce qui prouve que la règle invoquée n’est pas grammaticale mais sélective, c’est-à-dire doctrinale. L’article défini hébreu ne dit pas le mot ‘vrai’, c’est le traducteur qui décide quand ce mot apparaît, selon ses convictions, non selon le texte sacré qui ne doit pourtant pas être modifié !


Annexe, haʼAdhôn : un troisième ajout du même type.

Le même procédé s’applique au titre haʼAdhôn, ‘le Seigneur’, que la TMN rend par ‘le vrai Seigneur’. L’appendice de la TMN 1995 reconnaît que cette forme, article défini ha devant Adhôn, s’applique exclusivement à Jéhovah dans la Massore, en 9 versets : Exode 23.17 ; 34.23 ; Isaïe 1.24 ; 3.1 ; 10.16, 33 ; 19.4 ; Michée 4.13 ; Malachie 3.1. Le pluriel haʼAdhonim apparaît deux fois : Deutéronome 10.17 ; Psaumes 136.3.
Le mot ‘vrai’ y est absent du texte hébreu exactement comme pour haʼÉlohim et haʼÉl. Le mécanisme est identique. Un article défini hébreu parfaitement ordinaire, une interprétation doctrinale glissée dans le texte traduit, aucun appui dans l’original.
La TMN de 1995 avait au moins l’honnêteté de signaler ces ajouts en appendice et de les mettre entre crochets. La Bible d’étude TMN de 2018 a supprimé ces explications et effacé les crochets. On est passé de la faute avouée à la falsification silencieuse.
Rendez-vous compte de la gravité. Tous les frères et sœurs lisent ‘le vrai Dieu’ dans la Bible sacrée mais c’est faux … C’est prendre les frères et sœurs pour des enfants en leur inculquant un mensonge à chaque fois …


Genèse 46.3 — Dieu est-il obligé de préciser qu’il est ‘vrai’ ?

L’absurdité de l’ajout éclate dans toute sa force en Genèse 46.3. C’est Jéhovah lui-même qui parle directement à Jacob en disant : ‘Je suis le vrai Dieu, le Dieu de ton père.’ Dieu se présente à Jacob, et selon la TMN, il aurait besoin de préciser qu’il est vrai ? Comme s’il devait se justifier, se distinguer, convaincre ? C’est théologiquement absurde. Jamais dans toute l’Écriture, Jéhovah ne ressent le besoin de qualifier sa propre divinité. Il dit simplement ‘Je suis’, ‘Je suis Dieu’, ‘Je suis le Dieu de ton père’, et cela suffit. La majesté du texte hébreu est précisément dans cette sobriété. En ajoutant ‘vrai’, la TMN ne renforce pas le texte, elle le ridiculise, en prêtant à Dieu une insécurité qu’il n’a jamais eue. Cet exemple est un parmi 400, mais il est très parlant, car si l’ajout est inutile dans la bouche même de Dieu, il est inutile partout puisque c’est par l’Esprit Saint que la Bible a été écrite …


Ajouter des mots absents du texte source est une faute de traduction !

Toute traduction sérieuse de la Bible repose sur un principe fondamental. Le traducteur n’a pas autorité sur le texte, il en est le serviteur. Ce principe est attesté par les sources les plus solides.
Le texte lui-même l’interdit. Deutéronome 4.2 pose la règle dès le départ : ‘Vous ne devez rien ajoutez à la parole que je vous commande, et vous n’en devez rien retrancher’. Proverbes 30.6 la répète : ‘N’ajoute rien à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur.’ Révélation 22.18 est dans la même veine. Ces avertissements s’adressent précisément à ceux qui manipulent le texte sous couvert d’interprétation bienveillante …
Les principes de traduction académiques le confirment. La traduction biblique fidèle distingue rigoureusement ce qui est dans le texte source de ce qui peut être déduit par le contexte. Lorsqu’un mot doit être ajouté pour des raisons de syntaxe ou de clarté, la convention universelle est de le signaler en italique (tradition King James, Luther) ou entre crochets [ ]. Ne pas le faire, ou le faire de façon sélective selon une doctrine, constitue ce que les spécialistes appellent une traduction tendancieuse.
Le cas de la TMN est particulièrement grave parce que l’ajout de ‘vrai’ n’est ni isolé, ni signalé en crochets dans la très grande majorité des cas : il est fondu dans le texte courant sur 400 versets, donnant au lecteur l’illusion que c’est ce que l’hébreu dit, alors que le texte dit simplement ‘le Dieu’. La Société Watchtower elle-même, dans sa note sur Genèse 5.22 (‘Lit., the God’), reconnaît implicitement l’écart entre le texte et sa traduction. Reconnaître l’écart en note tout en le dissimulant dans le corps du texte principal n’est pas de la transparence, c’est une contradiction qui illustre exactement ce que la traduction ne devrait jamais faire.


Partie 1 — Expression haʼElohim (368 occurrences)

La Bible TMN 2018 rend 365 de ces 368 occurrences par ‘le vrai Dieu’. Les 3 exceptions, rendues simplement ‘Dieu’ sans ‘vrai’, sont : 1 Samuel 4.8 (×2) et 6.20.

Genèse : 5.22, 24 ; 6.2, 4, 9, 11 ; 17.18 ; 20.6, 17 ; 22.1, 3, 9 ; 27.28 ; 31.11 ; 35.7 ; 41.25, 28, 32, 32 ; 42.18 ; 44.16 ; 45.8 ; 48.15, 15
Exode : 1.17, 21 ; 2.23 ; 3.1, 6, 11, 12, 13 ; 4.20, 27 ; 14.19 ; 17.9 ; 18.5, 12, 16, 19, 19 ; 19.3, 17, 19 ; 20.20, 21 ; 21.6, 13 ; 22.8, 9 ; 24.11, 13
Nombres : 22.10 ; 23.27
Deutéronome : 4.35, 39 ; 7.9 ; 33.1
Josué : 14.6 ; 22.34 ; 24.1
Juges : 6.20, 36, 39 ; 7.14 ; 13.6, 6, 8, 9, 9 ; 16.28 ; 18.31 ; 20.2, 27 ; 21.2
1 Samuel : 4.4, 13, 17, 18, 19, 21, 22 ; 5.1, 2, 10, 10, 11 ; 9.7, 8, 10 ; 10.3, 5, 7 ; 14.18, 18, 36
2 Samuel : 2.27 ; 6.2, 3, 4, 6, 7, 7, 12, 12 ; 7.2, 28 ; 12.16 ; 14.17, 20 ; 15.24, 24, 25, 29 ; 16.23 ; 19.27
1 Rois : 8.60 ; 12.22, 22 ; 13.4, 5, 6, 6, 7, 8, 11, 12, 14, 14, 21, 26, 29, 31 ; 17.18 ; 18.21, 24, 24, 37, 39, 39 ; 19.8 ; 20.28
2 Rois : 1.9, 11, 12, 13 ; 4.7, 16, 21, 22, 25, 25, 27, 27, 40, 42 ; 5.8, 14, 15, 20 ; 6.6, 9, 10, 15 ; 7.2, 17, 18, 19 ; 8.2, 4, 7, 8, 11 ; 13.19 ; 19.15 ; 23.16, 17
1 Chroniques : 5.22 ; 6.48, 49 ; 9.11, 13, 26, 27 ; 13.5, 6, 7, 8, 12, 12, 14 ; 14.11, 14, 15, 16 ; 15.1, 2, 15, 24, 26 ; 16.1, 1, 6, 42 ; 17.2, 21, 26 ; 21.7, 8, 15, 17 ; 22.1, 2, 19, 19 ; 23.14, 28 ; 24.5 ; 25.5, 5, 6 ; 26.20, 32 ; 28.3, 12, 21 ; 29.7
2 Chroniques : 1.3, 4 ; 3.3 ; 4.11, 19 ; 5.1, 14 ; 7.5 ; 8.14 ; 9.23 ; 10.15 ; 11.2 ; 13.12, 15 ; 15.18 ; 18.5 ; 19.3 ; 22.12 ; 23.3, 9 ; 24.7, 9, 13, 16, 20, 27 ; 25.7, 8, 9, 9, 20, 24 ; 26.5, 5, 7 ; 28.24, 24 ; 29.36 ; 30.12, 16, 19 ; 31.13, 14, 21 ; 32.16, 31 ; 33.7, 13 ; 35.8 ; 36.16, 18, 19
Esdras : 1.3, 4, 5 ; 2.68 ; 3.2, 8, 9 ; 6.22 ; 8.36 ; 10.1, 6, 9
Néhémie : 4.15 ; 5.13 ; 6.10 ; 7.2 ; 8.6, 8, 16, 18 ; 9.7 ; 10.28, 29, 29 ; 11.11, 16, 22 ; 12.24, 36, 40, 43 ; 13.1, 7, 9, 11
Job : 1.6 ; 2.1, 10
Psaumes : 87.3 ; 90 (suscription)
Ecclésiaste : 2.24, 26 ; 3.11, 14, 14, 15, 17, 18 ; 5.1, 2, 2, 6, 7, 18, 19, 20 ; 6.2, 2 ; 7.13, 14, 26, 29 ; 8.12, 15, 17 ; 9.1, 7 ; 11.5, 9 ; 12.7, 13, 14
Isaïe : 37.16 ; 45.18
Jérémie : 35.4
Ézéchiel : 31.9
Daniel : 1.2, 9, 17 ; 9.3, 11
Jonas : 1.6 ; 3.9, 10, 10 ; 4.7


Partie 2 — Expression haʼEl (32 occurrences)

Même constat : le mot ‘vrai’ est absent du texte hébreu. La TMN rend haʼEl (= ‘le Dieu’) par ‘le vrai Dieu’ dans le texte ou en note.
Note : Deutéronome 7.9 figure légitimement dans les deux listes car le verset contient les deux formes dans la même phrase : הָאֱלֹהִים (haʼElohim) immédiatement suivi de הָאֵל הַנֶּאֱמָן (haʼEl han-neʼemân). Ce n’est pas un doublon. C’est même un verset révélateur ! Pour haʼElohim, la TMN ajoute ‘vrai’ sans appui textuel ; pour haʼEl, le qualificatif est הַנֶּאֱמָן (han-neʼemân = fidèle), et la TMN traduit ici correctement ‘le Dieu fidèle’, ce qui prouve que quand le texte dit effectivement quelque chose, elle le rend, et quand il ne dit rien, elle invente le mot ‘vrai’ …

Genèse : 31.13 ; 35.1, 3 ; 46.3
Deutéronome : 7.9 ; 10.17 ; 33.26
2 Samuel : 22.31, 33, 48
Néhémie : 1.5 ; 9.32
Job : 13.8 ; 21.14 ; 22.17 ; 31.28 ; 33.6 ; 34.10, 37 ; 40.9
Psaumes : 18.30, 32, 47 ; 57.2 ; 68.19, 20 ; 77.14 ; 85.8
Isaïe : 5.16 ; 42.5
Jérémie : 32.18
Daniel : 9.4


Bilan

Sur 400 occurrences totales (368 haʼElohim + 32 haʼEl), le mot ‘vrai’ est absent du texte hébreu dans la totalité des cas. La TMN l’ajoute de manière systématique sans aucun appui textuel.


Versets où le mot ‘vrai’ est réellement dans le texte original.

Pour être rigoureux, voici les seuls versets de toute la Bible où un mot signifiant ‘vrai’ est effectivement présent dans l’hébreu ou le grec à côté du mot ‘Dieu’ :
Jérémie 10.10 — Hébreu : Jéhovah Elohim emet — le mot emet (אֱמֶת, H571 = vérité, vrai) est dans le texte. La TMN traduit correctement : ‘Jéhovah est le vrai Dieu’.
2 Chroniques 15.3 — Hébreu : elohé emet (= Dieu de vérité/vrai). Le mot emet est présent.
Jean 17.3 — Grec : ton monon alēthinon theon — le mot alēthinon (ἀληθινόν, G228 = vrai, authentique) est dans le texte grec.
1 Thessaloniciens 1.9 — Grec : theō… alēthinō — alēthinō est présent.
1 Jean 5.20 — Grec : ton alēthinon theon — alēthinon est présent.
Ces 5 versets sont les seuls où la traduction ‘vrai Dieu’ repose sur une base textuelle réelle, soit moins de 1,3 % des 400 occurrences recensées dans la TMN.


Ainsi, le Collège Central apostat trompe les fidèles et leur foi en modifiant la Sainte Bible, sans raison valable … Cette attitude d’esprit révèle un orgueil démesuré, au mépris de la crainte respectueuse de Jéhovah Dieu qui aurait pu mettre le mot ‘vrai’ où il veut et quand il veut, et personne n’a à décider à sa place …

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