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Tout n’est pas forcément établi par 2 ou 3 témoins

Il existe dans la Bible un principe bien connu, cité par Moïse, répété par Jésus, repris par les apôtres : sur la déposition de deux ou trois témoins, toute affaire est établie. La Société Watchtower a fait de ce principe une règle absolue, un verrou administratif qui lui permet de clore les dossiers sans enquête sérieuse. Or ce n’est pas ce que la Bible dit. Ce n’est pas non plus ce que Jésus a dit. Et c’est précisément là que se situe le problème, car des vies innocentes sont sacrifiées, d’autres le seront, et des monstres restent dans la nature …


1- Les propos de Moïse

La règle des deux ou trois témoins apparaît en Deutéronome 19.15 qui dit que ‘nul ne pourra, sur la déposition d’un seul témoin, être déclaré coupable d’une faute ou d’un péché qu’il aurait pu commettre. Tout fait sera établi sur la déposition de deux témoins ou sur la déposition de trois témoins’.
Mais Moïse ne s’arrête pas là. Deux versets plus loin, en Deutéronome 19.18, il précise ce que les juges doivent faire avec ces témoins : ‘Les juges mèneront une enquête minutieuse’.
Et en Deutéronome 17.4, le même principe est réaffirmé avec la même exigence : ‘Si cela t’a été rapporté et que tu l’aies entendu, et que tu aies recherché avec soin, et voici : c’est la vérité, la chose est bien établie …’.
La logique est claire. Les témoins ne remplacent pas l’enquête, ils la déclenchent !
Deux témoins suffisent pour ouvrir un dossier, pas pour le fermer. La Loi exige que les faits soient vérifiés avec soin, même lorsque les témoignages sont là.
Ce que la Société Watchtower a fait, c’est couper la règle en deux. Elle a gardé la première partie — il faut deux témoins — et supprimé la deuxième : les juges feront une recherche minutieuse.


2- La Loi de Moïse et le cas des faux témoins

La Loi de Moïse ne se contente pas d’exiger une enquête minutieuse. Elle anticipe explicitement le cas du faux témoin. Deutéronome 19.18-20 est sans ambiguïté :
‘Les juges devront rechercher avec soin ; si le témoin est un faux témoin, s’il a accusé faussement son frère, alors vous devrez lui faire comme il avait projeté de faire à son frère, et tu devras faire disparaître du milieu de toi ce qui est mauvais. Et ceux qui restent entendront et auront peur, et ils ne recommenceront plus à faire pareille chose mauvaise au milieu de toi’.
Moïse savait donc que des témoins peuvent mentir, se tromper, ou être manipulés. C’est précisément pourquoi l’enquête minutieuse n’est pas une option, c’est une obligation ! Sans elle, le faux témoin n’est jamais démasqué. Sans elle, l’innocent est condamné et le coupable est protégé.
C’est ce qui se passe concrètement dans les congrégations lorsque la Société Watchtower applique sa règle des deux témoins sans enquête sérieuse. Deux personnes témoignent. On ne vérifie pas. On ne creuse pas. Et si ces témoins servent les intérêts de l’organisation plutôt que la vérité, la victime n’a aucun recours …


3- Jésus cite la Loi, il ne supprime pas l’obligation de vérifier

Jésus reprend le principe des deux ou trois témoins en Matthieu 18.16 et en Jean 8.17. Certains en concluent que Jésus valide une règle absolue, une procédure qui se suffit à elle-même. C’est une lecture trop rapide.
Quand Jésus cite un principe de la Loi, il ne dit pas pour autant que ce principe dispense de tout le reste. Il ne le dit nulle part. Bien au contraire.
En Jean 5.39, Jésus dit aux pharisiens : ‘Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez, vous, que par leur moyen vous aurez la vie éternelle ; et ce sont elles justement qui témoignent à mon sujet’.
Ce verset est une leçon en soi. Les pharisiens lisaient les Écritures. Ils les étudiaient. Ils connaissaient les règles. Et pourtant ils ne voyaient pas la vérité qui était devant eux, parce qu’ils utilisaient les textes comme des verrous plutôt que comme des fenêtres. Ils scrutaient les Écritures mais refusaient de voir où elles menaient …
C’est exactement ce que fait le Collège Central avec Deutéronome 19.15. Il cite le texte. Il l’applique mécaniquement. Puis il refuse de considérer la suite logique de la démonstration, la recherche minutieuse qui va corroborer et valider les témoignages !
Matthieu 23 est une longue dénonciation par Jésus de cette attitude. Les scribes et les pharisiens s’appuient sur des règles pour éviter d’aller au fond des choses. Jésus les accuse de fermer le Royaume des cieux devant les hommes (Mt 23.13). Citer un texte biblique ou une règle n’est pas une garantie de fidélité à ce texte. Tout dépend de ce qu’on en fait et de nos mobiles profonds …


4- Le piège fondamental des 2 témoins, car tous les témoins ne se valent pas

Il y a un deuxième problème que la règle mécanique ignore complètement. Deux témoins droits qui disent la vérité, ce n’est pas la même chose que deux témoins qui mentent, qui se trompent, ou qui sont sous pression.
Jéhovah l’avait prévu dans la Loi. Deutéronome 19.16-19 traite précisément du faux témoin. Si un témoin se lève pour accuser quelqu’un injustement, les juges doivent examiner l’affaire avec soin, et si le témoignage est faux, le faux témoin reçoit ce qu’il voulait faire subir à l’accusé.
La règle des deux ou trois témoins ne vaut que si les témoins sont fiables. Et pour savoir s’ils sont fiables, il faut enquêter. La règle elle-même suppose l’enquête. Elle n’en est pas la dispense.
Dans les affaires d’abus sexuels sur mineurs, la Société Watchtower applique la règle des deux témoins en sachant que ces crimes se commettent dans le secret. Il n’y a jamais de deuxième témoin. Appliquer la règle dans ce contexte revient donc à garantir structurellement l’impunité de l’agresseur. Ce n’est pas une application de la Loi. C’est une trahison de son esprit.
Sur ce site, voyez aussi les articles qui dénoncent la pédophilie cachée dans l’Assemblée chrétienne à cause du laxisme du Collège Central …


5- La saine attitude des Béréens.

En Actes 17.11, Luc décrit les habitants de Bérée qui écoutent Paul et Silas :
‘Or ces derniers avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique, car ils reçurent la parole avec le plus grand empressement, examinant soigneusement les Écritures chaque jour [pour voir] si ces choses étaient ainsi’.
Paul est un apôtre. Il a été choisi directement par le Christ ressuscité. Et pourtant les Béréens ne le croient pas sur parole. Ils vérifient chaque jour, dans les Saintes Écritures …
Luc ne présente pas ce comportement comme un manque de respect envers Paul. Il le présente comme une noblesse d’esprit et une sagesse pratique. C’est cela, la bonne attitude face à un enseignement, même venant d’une autorité reconnue. Il ne faut pas obéir sans réfléchir à des ordres d’humains pécheurs …
La Société Watchtower enseigne au contraire à ses membres de faire confiance au Collège Central sans remettre en question ses décisions, sous peine d’être considérés comme des apostats ou des esprits rebelles. C’est l’inverse exact de l’exemple des Béréens. Réveillez-vous !


6- Esdras, les Samaritains et le Roi Artaxerxès …

Le livre d’Esdras 4.11-24 rapporte un épisode qui illustre parfaitement ce mécanisme.
Les Samaritains voulaient empêcher la reconstruction du temple de Jérusalem. Ils ont écrit au Roi Artaxerxès une lettre d’accusation en disant que les Juifs reconstruisent une ville rebelle, qu’ils ne paieront plus leurs impôts et que le trésor royal en souffrira. Et pour rendre l’accusation crédible, ils ont ajouté un élément partiellement vrai puisque Jérusalem avait effectivement été une ville turbulente et tumultueuse dans le passé. Ils avaient des témoignages. Ils avaient des arguments écrits …
Ce qu’ils ont omis, c’est que Cyrus lui-même avait ordonné la reconstruction. Ce document existait. Il était dans les archives royales. Mais Artaxerxès n’a pas cherché. Il a agi sur la base du dossier qu’on lui présentait. Et les travaux ont été bloqués pendant près de douze ans.
C’est plus tard, sous Darius, qu’un gouverneur honnête nommé Tattenaï a demandé aux Juifs de s’expliquer, puis a écrit au Roi pour lui demander de vérifier dans les archives (Esdras 5). Darius a ordonné la recherche. Le décret de Cyrus a été retrouvé. Les travaux ont repris et se sont terminés (Esdras 6). La vérité était là depuis le début, cachée par des mensonges !
Le mécanisme est identique à celui que la Société Watchtower utilise. Un dossier est présenté. Les témoins sont là. On n’examine pas plus loin. Et pendant des années, l’innocent en subit les conséquences.Voilà comment le Diable agit sur des humains qui ne respectent pas Jéhovah …


7- La Commission Royale d’Australie pour exemple

En 2015, la Commission Royale australienne d’enquête sur les réponses institutionnelles aux abus sexuels sur enfants a examiné les pratiques de la Société Watchtower. Les enquêteurs ont trouvé dans les archives internes de l’organisation plus de mille cas d’abus sexuels sur mineurs recensés en Australie seule. Zéro signalement à la police de la part de l’Organisation Watchtower qui prétend défendre le nom de Jéhovah ! Il est écrit : ‘Que tout homme qui nomme le nom de Jéhovah renonce à l’injustice’ (2Tm 2.19).
La raison invoquée par les représentants de l’organisation était précisément la règle des deux témoins. Pas de deuxième témoin, pas de procédure interne. Et surtout, pas de contact avec les autorités civiles.
Ce n’est pas une interprétation. C’est un aveu public, documenté, enregistré devant une commission d’enquête gouvernementale.
Voir les articles de la Commission Royale Australienne sur ce site.

Note : Artaxerxès n’avait pas vérifié le décret de Cyrus. Le résultat fut douze ans de blocage. La Société Watchtower n’a pas signalé à la police en s’opposant à la justice Divine. Le résultat, ce sont des milliers de victimes sans recours, et des agresseurs protégés par l’organisation censée représenter Dieu sur la terre.


8- La question finale

Darius avait des archives. Il aurait pu ne pas chercher. Il a choisi de chercher. Il a trouvé. Et la vérité a rétabli ce qui devait être rétabli.
Artaxerxès avait un dossier présenté par des accusateurs. Il leur a fait confiance sans vérifier. Et l’œuvre de Dieu a été bloquée pendant douze ans.
La question n’est pas de savoir si la Société Watchtower cite des versets bibliques car elle le fait. Les pharisiens aussi scrutaient les Écritures (Jean 5.39). La question est de savoir ce que l’on fait avec ces versets. Est-ce qu’on s’en sert pour chercher la vérité jusqu’au bout ? Ou est-ce qu’on s’en sert pour fermer les dossiers sans enquête et protéger l’institution dogmatique ?
Sur deux ou trois témoins, toutes choses ne sont pas forcément établies ! Deux témoins ouvrent une enquête. Ils ne la remplacent pas. Moïse le savait. Jésus le savait. Les Béréens le vivaient. Darius le pratiquait …
Et toi, que fais-tu ?

Il existe une question en lien direct avec cet article. Faut-il deux témoins pour confondre et juger un violeur ou un pédophile ? Vous l’avez déjà compris, mais lisez attentivement les nombreux articles qui l’expliquent sur ce site …

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